- Aujourd'hui: 08/06/2026
-
ENTRE CULPABILITÉ ET RÉSILIENCE : PARCOURS DE FEMMES GABONAISES APRÈS UN AVORTEMENT
Les complications liées à l’avortement engendrent non seulement des risques sanitaires majeurs, mais aussi des répercussions psychologiques profondes. Au Gabon, le cadre législatif et réglementaire demeure peu favorable aux Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG), ce qui n’empêche pas la persistance de pratiques abortives, souvent réalisées dans des conditions précaires et non médicalisées. Cette étude explore le vécu de jeunes femmes confrontées aux conséquences d’avortements ayant entraîné des conséquences graves. Elles s’appuient sur une enquête qualitative réalisée auprès de dix femmes âgées de 14 à 25 ans, dans la région de Tchibanga, au moyen d’entretiens semi-directifs. Les résultats mettent en évidence une diversité de ressentis marqués par la culpabilité, la souffrance physique et morale, ainsi que des regrets profonds. L’exploration de leurs récits nous a permis d’entrer dans leur intimité ; personnelle, familiale et culturelle ; où se mêlent croyances, normes sociales et représentations symboliques de la maternité. Dans cet univers, l’enfant est perçu comme un être sacré, envoyé de Dieu, des ancêtres ou d’autres forces invisibles. L’infécondité, lorsqu’elle survient à la suite d’un avortement incomplet, est alors vécue comme une rupture douloureuse, tant sur le plan biologique que spirituel.
-
